Portes Ouvertes des Ateliers d'Artiste
2 et 3 octobre 2021

de 10h00 à 12h00 et de 14h00 à 18h00

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Exposition
TRAVERSÉE
Paul Ouazan

Visible du 14 septembre au 12 novembre 2021

du mardi au samedi de 14h30 à 18h00

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D’abord, il y a cette luminosité granulée, cette brume mordorée qui nimbe les personnages de Paul Ouazan comme s’ils se tenaient dans un aquarium de formol. Ils ne sont pas morts, pourtant ; plutôt en suspens dans leur spectralité même. Quelques-uns fixent l’objectif d’un air dubitatif, perplexe, presque agacé, tels des fantômes dont on outragerait l’errance. La plupart ne l’aperçoivent pas. Ils sont de dos, de profil. Certains lisent un livre, ou un journal, assis, adossés. On distingue une paroi, un vague néon, un banc. C’est très imprécis, tout s’estompe, jusqu’à la matière des clichés reste irradiée d’indécidable. Les rebords sont délicatement dentelés, déchiquetés au hasard. À la surface des photos, ridules et bulles d’air interceptent le regard comme si, prises au mot, ces épreuves photographiques avaient été éprouvées par un invisible incendie. On dirait qu’une ordalie translucide s’est emparée de lointains humains, et que le jugement rendu réside dans cet éclat tendre et turbide.

 

A priori, ces portraits n’ont pas de contexte. Impossible de deviner l’époque, le lieu, l’occupation de la plupart des silhouettes. Leur paradoxal destin commun consiste à n’avoir que leurs solitudes en partage.  

 

Cet ébranlement consubstantiel à la genèse de son art, cette « sidération » initiatique, où se joue et s’imprime en lui une dramatique du lumineux, la grande force de Paul Ouazan consiste à avoir découvert le secret de la reproduire (reproduction), en en respectant l’aspect à la fois progressif et saisissant, extirpé de la subjectivité du souvenir pour assaillir quiconque pose les yeux sur ces silhouettes délicatement surgies du néant. Aussi ces photos participent-elles moins du portrait que de l’apparition et, corollairement, de la révélation. Par tout un procédé manipulatoire relevant d’une empoignade avec la Technique, Ouazan a trouvé l’extravagant moyen de figurer, à volonté, à l’œil nu, sous une forme dont la grâce précède tout commentaire mais dont la poésie suscite tous les questionnements, à la fois le jaillissement et la lenteur des images argentiques d’autrefois. Tel est le paradoxe exhibé par cette série de photographies : elles reproduisent l’éclaircie d’un jaillissement(répétition de « jaillissement » déjà dans la phrase précédente) lent, une éclaircie qui participe à la pensée. 

 

La technique – plutôt la contre-technique – photographique de Ouazan tient une place majeure dans la magie granulée de ses épiphanies anadyomènes. Elle permet également de comprendre son désir de les mettre au secret. 

 

La brûlure, la ténèbre, le temps, le secret… Axe majeur du travail de Paul Ouazan : retrouver ce qui avance vers nous depuis l’autrefois dissimulé et sauf de la lumière, cela par des procédés expérimentaux innovants et frustes, jubilatoires et tâtonnants, à rebours de la sophistication technique.

 

Stéphane Zagdanski.

 

Extraits du texte  « La lumière de temps sur 55 photographies de Paul Ouazan »

Exposition

La pensée suivante et la mélancolie

Florence Mauro

Du 25 mai au 21 août 2021

du mardi au samedi de 14h30 à 18h00

Vernissage le 26 juin à 17h00

En partenariat avec le Centre Interprétation Art et Culture de Bourbourg et la Communauté Urbaine de Dunkerque,
dans le cadre de la biennale "L'Art dans la ville #3 "

Projet réalisé avec le concours des services de la Ville de Dunkerque

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LA PENSÉE SUIVANTE ET LA MÉLANCOLIE.

 

Je ressasse un même motif qui consiste à assembler des fragments qui mêlent ou rapprochent le corps et le paysage. Cet assemblage était le principe de ma première exposition Vu de Près : Le paysage prolonge le corps ou ses parties disparues.

 

 La Pensée suivante et la mélancolie montre le mouvement de la jeunesse, cette énergie du corps dans le premier temps de sa vie confrontée à l’autre image, celle du corps très âgé,  de la vieillesse. Mais le corps a t-il vraiment changé ou s’agit –il de sa posture ? N’est-ce pas plutôt le temps de son mouvement ? Le temps qu’accorde le corps à son propre mouvement ?

D’un geste libre du visage, guidé par la volonté du  regard, d’un élan précis, d’une posture sportive, à la simple respiration, ultime trace d’un corps prêt à quitter la vie ou au contraire faire résistance. Rapprocher les deux corps, les deux temps, très simplement : montrer le temps d’une vie.

 

Par l’archive super 8, l’effet de proximité qu’entraine la projection en grand format de l’image fait revivre le corps jeune, c’est une tentative de le rendre à nouveau présent, de le faire revenir au monde. Voir une partie du corps agrandi dans son geste répété. Et dans ce mouvement perpétuel, chercher à saisir une forme d’éternité.

 

Mais comment saisir cette forme autrement que dans la création du souvenir ?

Ainsi je filme, je photographie aujourd’hui le corps de ma mère et je continue de le confronter à une matière en archive cette fois photographique. Réconcilier encore les fragments du corps jeune aux fragments de son corps aujourd’hui en les associant. J’y joins des fragments photographiques des deux tableaux présents à l’entrée de l’installation qui sont deux vues peintes des ports de Pont-Aven et de Doëlan en Bretagne effectuées par un artiste post-impressioniste de l’Ecole de Nancy-Jean Goutière-Vernolle. Ma mère m’a montré ces deux peintures durant toute ma jeunesse et me les a confiées à l’âge adulte. Ces lumières, ces couleurs m’ont élevées au sens où les parents vous élèvent. Ces bleus nuancés et intempestifs m’ont guidés toute ma vie. La couleur, devenue une consolation, apparaît, et je la fais s’installer doucement entre les fragments du corps représenté.

 

Mais l’écriture prend le pas. Mon écriture se produit, se génère, à partir du sentiment de nostalgie qu’amène cet assemblage des deux temps.

Le corps est un paysage du temps. Et vient le temps du récit.

La production du texte, son existence réelle, physique envahit l’espace, vient remplacer l’image. C’est un peu comme si je montrais le démantèlement d’un système. D’où vient ce que l’on écrit ? Une course de fond. Le principe mécanique du « starting block ». Le ressort.

 

Ici, les pastels, les carnets me permettent de colorier, de coller, d’écrire, réécrire, répéter.  Presque d’un geste enfantin, je les construis comme une consolation et sans doute une prière.

 

Le texte, dans une version plus développée que celle visible à la lecture, je le dis, je le chuchote à qui veut l’entendre depuis les arbres dehors, sur la place devant La Plate-Forme, dès lors que l’on choisit ou que l’on se doit d’attendre là.  L’attente est un prétexte à l’écoute, elle autorise inquiétude, espérance, et attention.

 

 

Et pour ceux qui sauront attendre la tombée de la nuit, le mouvement de ma mère si jeune réapparaîtra peu à peu entre clair et obscur sur les murs extérieurs de La Plate-Forme dans une vision altérée par les reliefs de la surface de ses murs. Ils leur faudra- eux les noctambules exigeants- accepter alors dans une perception plus chaotique du passé, l’ultime image du geste vif et indicible.

Exposition

ÉDIFICE DÉSERT

Emma Charrin

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Emma Charrin, screenshot « Sous l'Aquilon rouge », installation vidéo sonore, 39'40'', 2020. 

Crédits : Réalisation - Emma Charrin Bande sonore - Benoist Bouvot et Guillaume Van Roberge  Montage - Thomas Bornot

Exposition du 2 février au 22 avril 2021

Restitution de la résidence VENTS DE PIERRES (titre de recherche)

réalisée à La Plate-Forme en juin 2020

Exposition visible du mardi au vendredi de 14h00 à 17h00

En présence de l'artiste le 15, 16 et 17 avril.

(Sur rendez-vous : plate.forme.ass@numericable.fr / accueil par jauge de 6 personnes)

En partenariat avec le Château Coquelle, Centre culturel, Dunkerque.

Évènement soutenu par la DRAC Hauts-de-France.

https://emmacharrin.fr/

« Mes yeux sont mouillés. Que dois-je faire de mes yeux ? Regarder quoi ? »

 

             Quelque part au Nord de l’Italie (Ravenne), 1964.

             Des paysages aux architectures titanesques, une brume évanescente créée par les fumées d’usines ;

             une femme, Guiliana, errant dans ces images dénuées de vie, ce décor aride, et s’interrogeant sur le monde.

             Ce brouillard artificiel lui emplit les yeux et l’empêche de percevoir le monde qui l’entoure.

             Antonioni dans Il Deserto Rosso 1 filme et sublime une certaine perte de repère, un désarroi face au

             monde contemporain,  dans un flou romantique à travers les états d’âme de son personnage principal.

             Presque 60 ans, plus tard, quelque part aux abords de Dunkerque.

Nous sommes loin de Ravenne et si proche, pourtant.

L’exposition « Edifice Désert » d’Emma Charrin nous pose peut-être cette même question :

Que faire de nos yeux ? Que regarder ?  

Car il s’agit bien ici de, non pas voir, mais regarder ; en étant invité à s’engouffrer dans les entrailles même de la ville. Comme emporté par des forces telluriques, le visiteur est plongé dans un récit faisant écho à l’expérience que l’artiste a vécue dans son propre temps d’immersion sur ce territoire, au départ étranger.

Il faut ici l’imaginer hors-champ, se perdant (elle aussi) dans ces édifications si cinématographiques – et pourtant inaccessibles –, dans cette ville à l’héritage lourd de sens, à la reconstruction monumentale ; se donnant « corps et âme » dans une forme d’errance.

Le corps – l’être  – est confronté à un réel omniprésent, cherchant à sublimer ces décors dans une fiction où l’expérience poétique donne à voir les méandres de nos existences contemporaines.

 

Composant avec cette matière brute comme autant de fragments de paysage, l’artiste nous plonge par les contrastes du soleil et de la nuit sur les éléments terrestres, dans une forme d’éblouissement, où les matières premières rayonnent de par l’incandescence des faisceaux et feux d’usines, des astres surplombant la ville. Les « architectures » deviennent ici des signes révélant les indices d’une quête oscillant entre le banal et l’extraordinaire. Une déambulation dans ces « déserts » en marge qui se transforment en « lieux du crime  2 » – entre chien et loup – à la recherche des dernières traces de vie végétale poussant sur ce qui semble quelque fois être un sol lunaire. Un nouvel ailleurs émerge de ces paysages.

Les chemins traversés empruntent des dédales entre les épaisseurs de la Terre, ici retournée, excavée, transportée vers d’autres horizons qui paraissent comme autant de promesses non tenues. La terre est mise à nue – mise à mal – montrée comme matière brute, s’envolant au rythme du souffle du vent du Nord, l’Aquilon 3, se brisant contre les digues.

 

Cette transformation perpétuelle, nous évoque l’emprise inexorable de la temporalité sur nos milieux. En toile de fond de cette odyssée, résonne l’entropie chère à R. Smithson 4, dont nous pouvons ici inscrire ces quelques mots :

 

           « L'esprit humain et la terre sont constamment en voie d'érosion ; des rivières

           mentales emportent des berges abstraites, les ondes du cerveau ébranlent

           des falaises de pensée ; les idées se déli-tent en blocs d'ignorance et les

           cristallisations conceptuelles éclatent en dépôt de raison grave-leuse »

           Robert Smithson, « A Sedimentation of the Mind : Earth Projects », Artforum,

           sept.68, p.44

 

La question de l’usure du temps et de la terre est ici incarnée par les bribes de l’existant capturées par l’artiste.

Des photographies 5 où l’on s’interroge sur l’altération des paysages : vestiges de constructions ou érosion naturelle des éléments ?

Le temps se délite, s’effrite, comme la roche qui se sédimente pour retourner à la mer, pour se métamorphoser ici en gravures 6, afin d’inscrire une trace éternelle dans la matière et nos consciences.

Extirper le paysage comme le ferait une machine pour retrouver l’essence même de celui-ci, tel est peut-être le geste désiré par l’artiste. Se confronter aux éléments et les transformer, altérer, remodeler pour créer une nouvelle histoire, à mi-chemin entre ce qui est et ce qui pourrait advenir.

 

Laisser le temps en suspens. 

Et puis peu à peu, l’image fixe se mue en image mouvante.

Deux écrans se font face, le spectateur immergé en leur centre.

Le jour et la nuit se mêlent ici dans une incantation visuelle où le son en boucle propulse dans une expérience hypnotique.

Le regard s’évade dans cette esthétique et nous absorbe par les images qui défilent, par le rythme incessant des sons des machines et du vent, par les remous de la mer.  

Le jeu de décalage des séquences sonores et visuelles 7 provoque un état de transe où l’on perd tous nos repères. Entre contemplation et immersion, ces collages visuels engloutissent le spectateur dans une forme de vertige, de désorientation spatiale et temporelle – sensation presque inconfortable à certains moments – ne nous laissant pas indemnes. 

 

Au sortir de cette exposition, peut-être l’artiste aura-t-elle réussi à « (r)éveiller » notre regard sur ce réel si fragile, à trouver la bonne distance pour expérimenter le paysage au delà de le voir et de le sentir 8 en inventant un nouveau récit du territoire. Voire à susciter une réflexion sur les enjeux de l’effondrement 9 à venir.

Peut-être, pourrions-nous suivre ce qui s’apparente à la seule présence « humaine » d’Édifice Désert pour nous guider dans cette pénombre ? Ce héron blanc surgissant dans la nuit, étincelant, statique au milieu du chaos et pourtant si paisible.

Alors, peut-être aurons-nous une bribe de réponse à « Que regarder » ? 

                                                                                                                                                                             Anouck Lemarquis, artiste plasticienne et chercheuse

1 Premier film réalisé en couleur par Michelangelo Antonioni, Il deserto rosso (1964) suit au travers d’un récit fragmentaire, brouillant les frontières temporelles par des ellipses et une structure narrative en boucle (la fin étant peut-être le début et inversement), les états d’âme de Guiliana interprétée par Monica Vitti. 

 

2 Cette notion de “lieu du crime” évoque la manière dont Walter Benjamin parlait des photographies des rues vides de Paris d’Atget en 1900 : « Le lieu du crime est désert. On le photographie pour y révéler des indices. Dans le procès de l’histoire, les photographies d’Atget prennent la valeur de pièces à conviction. (…) Elles ne se prêtent plus à un regard détaché. Elles inquiètent celui qui les contemple : il sent que pour les pénétrer, il lui faut certains chemins. » In L’œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique (1936) in Ecrits français, Walter Benjamin, Edit. Gallimard,

1991, 2000, p. 150

 

3 Dans la mythologie romaine, Aquilon (Aquilo en latin), fils d’Éole et Aurore, est le dieu des vents septentrionaux (nord), froids et violents.

Littér. et poét. (LITTRÉ) : Vent du nord, et plus généralement tout vent violent, froid et orageux. 

La violence des aquilons, l'orageux aquilon.

 

4 Lire à ce sujet : Robert Smithson, « The Monuments of Paissac : has. Paissac replaced Rome as The Eternal City? »,.

Artforum, New York, Décembre, 1967

 

5 Édifice Désert, série de 9 photographies, 2020

 

6 Plaqué Nuit, photogravures, 2020

 

7 Sous l’Aquilon rouge, Emma Charrin, vidéo sonore, 39’40’’, 2020

Structure narrative formée de 2 boucles aux temporalités différentes. 9’55’’ pour l’une et 9’32’’ pour l’autre. Elles glissent l’une sur l’autre, le temps de 4 boucles musicales. La plus courte reprend plus tôt, un décalage de 23s s’opère, générant un montage alternatif visuel et sonore. Une vidéo sur chaque écran, une stéréo de chaque côté, le tout forme presque un coin qui appelle le regard périphérique et l'oreille à associer les sensations. Une expérience qui ressemble à un « phasing » différentiel à travers ces cercles inégaux. Immergé durant 39’40’’ on assiste donc à quatre passages où les sons comme les images répétés se remontent, se déplacent, dans l'immédiateté du visionnage et de l'écoute, et rejouent la linéarité temporelle dans la discrétion d'une forme elliptique.

 

8 « C'est avec toute notre personne que nous nous plantons devant le paysage, qu'il soit naturel ou artistique, et l'acte qui le crée pour nous est simultanément un voir et un sentir, scindés après coup en instances isolées par la réflexion.

L'artiste est juste celui qui accomplit cet acte de mise en forme par le voir et le sentir avec une telle énergie, qu'il va complètement absorber la substance donnée de la nature, et la recréer à neuf comme par lui-même, tandis que nous autres, nous restons davantage liés à cette substance, et en conséquence nous gardons toujours l'habitude de percevoir tel élément et tel autre, là où l'artiste en réalité ne voit et ne crée que le « paysage ». »

In Georg Simmel (1858-1918), Philosophie du paysage (1912), in Jardins et Paysages : une anthologie – textes colligés par Jean-Pierre Le Dantec édit. De la Villette, coll. Penser l’espace, 1996, 2003, p.375

 

9 « Mais ne peut-on pas observer un point d’inflexion ? Un point à partir duquel le « jeu » de la vie sur Terre changerait tellement – pour toutes, tous et tout – qu’il faudrait le nommer autrement. Ne voyez pas là une simple référence aux changements climatiques. Je parle aussi de l’accablant fardeau que représentent les produits toxiques, l’exploitation minière, la pollution nucléaire, l’assèchement des rivières et des lacs (y compris souterrains), la simplification des écosystèmes ou encore les vastes génocides d’êtres humains et d’autres bestioles… La liste est encore longue. Mais dans tous les  cas, ces tendances sont liées de manière systémique. Elles nous menacent d’effondrements systémiques en chaîne. Effondrement systémique majeur après effondrement systémique majeur après effondrement systémique majeur… La récursivité peut être une véritable galère ! »

« Anthropocène, capitalocène, plantationocène, chthulucène, Faites des parents ! », in Vivre avec le trouble,  Donna Haraway, Editions des mondes à faire, 2020. P.220

Première publication : Duke University Press, Durham and London, 2016.

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Résidence / WTS 11

Ida Ferrand

Faire Rempart

Du 19 avril au 3 Mai 2021

Dans le cadre de Watch this Space 11, coordonné par

50° nord - réseau transfrontalier d’art contemporain.

Programme dédié à la création émergente qui s’adresse aux jeunes artistes résidant sur le territoire de la Région Hauts-de-France et de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

 

 

Ida Ferrand, Haxo 4

Faire Rempart
L’arme atomique et la guerre asymétrique ont mis un terme au temps des forteresses physiques.

Les fortifications nous apparaissent dépassées et anachroniques. Elles sont de vagues stigmates des crises passées dont les mandats primitifs - la surveillance et la guerre – nous parviennent banalisés. Pourtant, elles racontent l’industrie de la guerre et, sous forme de prototypes, reflètent certains des dogmes et des idéologies qui ont ou qui formatent encore nos sociétés occidentales.


Ma recherche prend pour terrain de prospection l’architecture militaire, et en particulier celle des places fortes. Dans mon travail plastique, cette matière première est appréhendée avec une subjectivité assumée et d’après une mythologie personnelle.

Le projet est de sonder la charge fictionnelle, la part de fantasmagorique encapsulée dans ces espaces, les récits et obsessions qui les habitent. Finalement, par la pratique du dessin et de l’estampe, il s’agit d’établir une iconographie parallèle, hybride entre étude documentaire et récit fantasmé.